La famille Breischa a été retrouvée. Le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Theo Francken, a indiqué que le délai de 28 jours d’enfermement courait à nouveau. Les avocats de la famille dénoncent un «acharnement à son encontre et une traque indigne».

La famille serbe qui avait quitté la maison de retour de Sint-Gillis-Waes (Flandre orientale) après avoir été enfermée au centre fermé 127bis à Steenokkerzeel en vue d’une expulsion, a été retrouvée, a indiqué ce vendredi le cabinet du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Theo Francken, confirmant une information du journal «De Morgen». Les cinq membres de la famille sont sur le point d’être enfermés à nouveau au 127bis.

La mère et ses quatre enfants ont déjà été enfermés le 14 août au centre fermé 127bis à Steenokkerzeel en vue d’une expulsion. Mais en raison des procédures de recours qu’elle avait intentées, leur éloignement du territoire s’est avéré impossible dans le délai de quatre semaines fixé par un récent arrêté royal.

La famille Breischa avait été transférée dans une maison de retour, ouverte, de Sint-Gillis-Waes, d’où elle avait disparu jeudi.

Ils ont été retrouvés ce vendredi, a indiqué Francken (N-VA) sur Twitter. Ce dernier a également confirmé que le délai de 28 jours d’enfermement courait à nouveau. «J’appelle les avocats à ne pas multiplier leurs recours», que le secrétaire d’État qualifie d’«inutiles».

Un nouveau traumatisme inutile pour les enfants de la famille, selon les avocats

Les avocats de la famille serbe, qui avait quitté la maison ouverte de Sint-Gillis-Waes où elle avait été transférée en vue de son expulsion, dénoncent ce vendredi un «acharnement à son encontre et une traque indigne qui s’est soldée par une nouvelle arrestation des enfants». Ils demandent sa remise en liberté alors que celle-ci est sur le point d’être réincarcérée au centre fermé 127bis. Elle y avait déjà été enfermée, devenant la première à y séjourner après la réactivation des mesures légales autorisant l’enfermement de familles étrangères avec enfants.

«La famille serbe réside légalement sur le territoire. Sa demande d’asile repose sur des éléments sérieux: la population rom de Serbie est sévèrement discriminée et les enfants, qui n’ont aucune attache en Serbie, n’ont aucun avenir possible dans ce pays. Ils n’auront pas accès à l’école, à un logement, aux soins de santé et les rapports sont unanimes sur le fait que la plupart des enfants roms sont condamnés à la mendicité voire à la prostitution», s’exclament les avocats de Progress Lawyers Network.

«Alors que la famille ne peut être expulsée pendant la durée de la procédure d’asile, ils ont à nouveau été arrêtés inutilement. Le pédiatre et le pédopsychiatre qui se sont rendus au centre fermé décrivaient l’expérience vécue par ces enfants comme traumatique. Ils craignent le développement de troubles du comportement et préconisent un suivi d’urgence. L’arrestation immédiate après leur libération risque d’aggraver considérablement la situation de ces enfants», concluent-ils.

 

Source : lavenir