Deuxième rendez-vous officiel depuis le vote au conseil communal d’un règlement antimendicité… et la pétaudière qui a suivi. Autour de la table, des membres de chaque groupe politique, du CPAS, des représentants des commerçants de Namur et de Jambes, du Relais Social Urbain, des Restos du Cœur et… trois mendiants, dont Ludwig Simon. «On apprend à se connaître», évente Stéphanie Scailquin, échevine de la Cohésion Sociale. Et l’élue cdH d’assurer que les débats sont beaucoup moins tendus qu’il y a un mois.

Hier après-midi, les différentes parties ont exploré les moyens mis en œuvre dans d’autres villes pour encadrer la mendicité. «Cela ressemble de près ou de loin à ce qui se vit à Namur, dit Stéphanie Scailquin. Nous ne sommes pas isolés sur la question.» Et l’objectif auquel tendent les différentes parties sollicitées est le même: mieux vivre ensemble. S’il n’y a aucun accord officiel qui est ressorti de la longue entrevue d’hier, une direction semble avoir été donnée. «On s’oriente vers l’adoption d’une charte, dévoile l’échevine. La mendicité serait ainsi tolérée mais encadrée. Il faudrait donc lister les comportements dérangeants.» Et Stéphanie Scailquin de donner un exemple sur le genre de critères qui pourraient nourrir la nouvelle réglementation: «Pourquoi pas définir un périmètre minimal interdisant la mendicité autour des Bancontact? On réfléchit aussi à la spatialité.»

Les commerçants namurois et les membres de GAU (le groupe de gestion du centre-ville) devront, pour le 30 août, date de la prochaine réunion, avancer une série de critères autour desquels pourrait se construire la charte.

«En septembre, on espère pouvoir sortir avec quelque chose de concret à présenter au conseil communal», précise Stéphanie Scailquin.

D’ici là, dès la réouverture de l’abri de nuit, le 21 août prochain, le règlement qui abroge toute forme de mendicité sera de nouveau effectif. La tolérance zéro sera de mise. Dans l’attente de cette fameuse charte dont on attend qu’elle apaise toutes les tensions et règle tous les problèmes, la Ville n’a donc pas souhaité opérer le moindre pas en arrière… Pas sûr que les intéressés, les mendiants, remettent en question leur gagne-pain pour ce qui ressemble à de la fierté politique.

 

Source : l'Avenir