Nous ouvrons aujourd’hui une semaine spéciale sur les « roms, ces indésirables que l’Europe ne veut pas voir » dans Culturesmonde. De Bucarest à Berlin, de Madrid à Paris, des Balkans aux Pyrénées, les roms suscitent la crainte, sont souvent victimes d’idées reçues tenaces sur leur mode de vie et leur volonté supposée de ne pas s’intégrer aux sociétés européennes, alors que simultanément une certaine fascination perdure pour leur culture, leur musique, leurs traditions…

Un grand écart entre rejet et fascination que nous allons essayer de mieux comprendre tout au long de cette semaine. Et pour commencer par le commencement, les questions d’histoire, d’origines et de terminologie vont nous occuper aujourd’hui: Roms, tziganes, gitans, ou gens du voyage… Une variété d’appellations pour désigner les populations tziganes présentes en Europe depuis des siècles. Les instances européennes utilisent aujourd’hui le terme « rom », parle de « peuples roms ». Pourquoi? Y a-t-il vraiment entre toutes les communautés que nous venons d’évoquer une réelle identité de langue (le romani), de mode de vie (le « nomadisme »)?

Dit autrement : au-delà de certaines similitudes, est-il possible de désigner d’un seul terme des peuples qui partagent une origine commune mais vivent aujourd’hui des réalités forts diverses ?

Pour y voir plus clair tant sur ces questions d’origines que de modes de vie, et surtout pour comprendre les longs processus historiques qui ont mené à la constitution des communautés tziganes en Europe aujourd’hui, nous recevons Henriette Asséo, spécialiste des tziganes.

Au cœur de ces questions d’identité, la religion figure en bonne place. Bien souvent les communautés adoptent la religion majoritaire du pays où ils vivent : christianisme catholique, orthodoxe ou protestant, ou islam. Depuis quelques décennies les communautés roms sont particulièrement touchées par les transformations du champ religieux et l’apparition des nouvelles communautés (pentecôtistes, ou dans le cas du catholicisme, le renouveau charismatique…). Cette question religieuse est très sensible car dans des groupes où la notion de lien est primordiale, ces transformations affectent le cœur-même des communautés… On en parlera avec Alain Reyniers, directeur scientifique de la revue Etudes Tziganes.

Enfin, nous donnerons la parole à Alexandre Romanès, fondateur et patron du cirque tzigane du même nom, qui nous donnera sa vision de l’identité et de l’histoire du / des peuple(s) rom(s) et tzigane(s) en Europe.

Source : Franceculture